Maintenant je sais que quand je m'endormirai tu serais encore et toujours dans mes cauchemars. Je n'arrive plus à dormir. J'ai peur de fermer les yeux parce que tu m'effraies autant qu'avant. J'avais espérer qu'après t'avoir affronter ça passerait mais en réalité mes blessures sont biens plus profondes que je ne l'imaginais. Ça me fait mal de savoir que, même si cela fait plus de six mois que je ne t'ai pas vue ni parlé, tu me fais autant peur que quand j'étais petite. Tout à l'heure j'étais allongée dans mon lit à essayer de dormir mais j'avais peur de fermer les yeux.
Et ce qui me fige sur place encore plus que tout le reste c'est que je sais que dans environs cinq ou six mois tu vas sortir de prison. Alors tu vas commencer à rôder dans les rues pour nous retrouver. Je sais que tu le feras parce que tu vas vouloir nous faire subir les pires tortures. Je sais que tu crois encore que la mort est la pire des punitions mais détrompes-toi : tu es bien plus effrayant que la mort elle-même. Avant j'avais peur de la mort mais plus maintenant. Avoir le choix entre la mort et toi... Je sais que ma décision ne serait pas très compliquée à prendre : je choisirais de mourir plutôt que de te revoir ne serait-ce que deux minutes.
Quand tu sortiras de prison je sais que je vais toujours avoir peur après. Quand on sonnera à la porte je vais toujours me demander si c'est toi qui est là. Quand j'irai me promener au centre-ville je vais te voir partout et ça bien sur c'est si j'y vais encore.
Tu ne t'en rends pas compte mais tu m'as traumatisée je crois. J'ai vue des choses que je n'aurais jamais dû voir, j'ai entendue des choses qu'une enfant ne devrait savoir.
J'ignore pourquoi mais je n'arrive pas à m'empêcher d'imaginer ta sortie de prison. On va toute avoir peur. Maman, Jennifer, Kim... Tout le monde. On va avoir peur de toi parce que nous savons toutes ce que tu es capable de faire et ça me glace le sang rien que d'y penser.
T'as aucune idée de tout ce qu'on a enduré dans nos Vies. Même si tu étais là t'étais trop bourré pour t'en rendre compte. Et après tu t'étonnais de voir que nous étions pas emballer par le temps des fêtes, par ton anniversaire et la Fête des Pères. Tu ne comprenais pas pourquoi on a toujours préférer maman à toi et je crois que tu ne le comprends toujours pas.
Ça ne prend pas un BAC pour comprendre pourquoi j'ai des problèmes avec les hommes en général. Quand j'ai un mec dans mon lit je peux pas m'empêcher de le virer, au beau milieu de la nuit. Même s'il est parfait et que je sais qu'il ne fera jamais de mal. C'est parce que t'as préférer choisir ta putain de bouteille à nous, ta famille. Je suis pas psy et je le sais, c'est pas trop sorcier il me semble. Tu nous as laisser tomber. Alors tu n'as aucune droit de défaire ou de critiquer la façon dont on essaie de réparer ce que tu as brisé.
J'ai beau essayé de reprendre une Vie normale je n'y arrive pas parce que même si tu es loin mes cicatrices restent grandes ouvertes et elles se moquent de moi. Tu seras toujours là même si tu meurs et je m'en veux tellement pour ça. Je m'en veux d'essayer de t'effacer et de ne jamais y parvenir. Je ne comprend pas pourquoi ça reste toujours en moi. Depuis longtemps, et ce bien avant ton départ, j'essaie de réparer mes blessures mais ça ne fonctionne pas et je n'arrive pas à y voir clair à travers tout ce brouillard qui envahi mon corps et mon âme. Ce brouillard, c'est toi qui l'a créer. T'as jamais essayer de me guérir ni essayer de comprendre pourquoi je suis devenue comme je suis.
Tu es mon pire cauchemar et tu vas sans doute le rester toute ma Vie. Je me sens sale... Le fait de savoir que tu es mon père me donne la nausée. Juste penser à toi me donne envie de mourir et je n'ose même pas imaginer ce que je ferais si je ne venais qu'à te revoir... Te croiser sur la rue ou même t'apercevoir au loin ou au milieu d'une foule... Je crois que te revoir me tuerais... Peut-être pas physiquement... Mais psychologiquement et émotionnellement... Tu pourrais tuer le peu qu'il reste de moi...



